"Les facteurs biologiques fournissent l'arme, 
les facteurs environnementaux fournissent la balle et,
le régime appuie sur la gâchette"

Alain Perroud

Médecin psychiatre, expert en thérapie cognitivo-comportementale, spécialiste et auteur de nombreux ouvrages sur les troubles alimentaires. Intervient à la clinique Bellemont, Génève.

TROUBLES DES CONDUITES ALIMENTAIRES

Voyons ici de quoi nous parlons

Si j'affectionne autant cette citation d'Alain Perroud, c'est qu'il règne avant tout dans les Troubles des Conduites Alimentaires ("TCAs") de la souffrance, de l'angoisse et de l'impossibilité à être bien dans son corps et avec ses émotions : un vrai champ de bataille intérieur qui nécessite beaucoup de courage individuel pour déposer les armes, arriver à un cessez le feux avec soi-même et avec le monde extérieur pour construire progressivement la paix.

C'est peut-être aussi la raison pour laquelle il se dit beaucoup de choses autour de ces troubles. Ces pathologies violentes, parfois mortifères, intriguent ou désespèrent du fait qu'elles n'ont pas d'étiologie connue, qu'elles laissent sans voix l'approche médicale allopathique classique. Force est de dire qu'à ce jour aucun traitement médicamenteux n'a été trouvé. La France, en dépit de ses centres de soins de haut niveau, n'a pas encore déployé un programme de soins efficace et donc rassurant pour les familles. Il règne autour de ces troubles de la peur et beaucoup de mystères.

Comportement ou conduite ?

Le terme officiel est "comportement", mais je préfère de loin employer le terme de conduite qui à mon sens illustre mieux le mouvement et la dimension qui règne dans cette maladie. Le changement de conduite dans la personne qui souffre n'est pas simplement un coup de volant qu'elle donne pour éviter un obstacle mais c'est bien une intention personnelle qui se cache derrière ses actes en lien avec la nourriture (que ce soit l'abstinence, le gâchis ou l'action de purge). 

A mon sens, le comportement avec la nourriture n'est que la manifestation externe, le symptôme, de souffrances bien plus grandes qui se cachent derrière. Et je m'intéresse justement à ces intentions derrières les actes, d'où la nuance que je porte. Pour moi, c'est dans ces dynamiques intentionnelles ou réactionnelles que se trouvent les clés du changement.

Je dirai que : " Le comportement est le mouvement du corps et la conduite est la direction que l'âme lui donne". 

Les TCAs hébergent à la fois des traumatismes d'ordre psychologiques (des souffrance ressenties) et des douleurs d'ordre somatiques ou physiques, liées à la malnutrition ou la dénutrition. D'où l'importance de traiter les deux avec la même importance pour accéder à la réconciliation individuelle.


Classifications internationales derrière les TCAs

Les troubles des conduites alimentaires sont définis par le DSM-5 qui est le dictionnaire international de psychiatrie dont les trois familles principales sont (1) l'anorexie, (2) la boulimie et (3) l'hyperphagie.

Puis il y a ceux qui ne sont pas encore définis dans le DSM mais qui peuvent être pathologiques et générés également souffrances et désordres somatiques (troubles digestifs ou hormonaux...) tels que : 

  • l’orthorexie alimentaire encouragée parfois par une anxiété d’ordre écologique (manger sain et produit localement de façon absolue) ou,
  • simplement le contrôle obsessionnel de la nourriture dans une optique de vouloir avoir un corps mince et fidèle aux critères de beauté véhiculés par la société

 

MON HISTOIRE AVEC L'ANOREXIE BOULIMIE

Une rencontre décisive pour éviter le geste irréparable

Touchée par la maladie à l’âge de 14 ans…

Je souffre d’anorexie-restrictive pendant 2 ans, puis d’anorexie-boulimie pendant 13 ans. Malgré un père médecin, mineure, je n’accéderai pas aux soins  : le déni est parfois très puissant... 

Malgré tout…

Je fais de hautes études supérieures et intègre l’ESSEC dont je sors diplômée en 2006. Je prends mes responsabilités professionnelles en finance, à l’étranger, j’ai la chance de travailler auprès de superbes entreprises qui me font confiance.

30 ans, je suis à bout de souffle…

La maladie est toujours présente. Je vous épargne ici les mots de l'enfer quotidien. Je souffre désormais de presque toutes les complications somatiques. Je me crois folle, redoute l’enfermement psychiatrique. Un jour, une main tendue m’offre l’opportunité de consulter, j’accepte de prendre rendez-vous. Dans son cabinet, un médecin-thérapeute me reçoit comme dans un salon et m’aide à me soigner prodigieusement. En 3 mois, je me nourris correctement. En 6 mois, mes cycles menstruels reviennent. En 18 mois, je travaille l’affirmation personnelle. 3 ans plus tard, je deviens maman!

La réassociation corporelle, elle, demandera davantage de temps, sans jamais devenir pathologique. L’essentiel était déjà là : j’étais sortie du tunnel en 2 ans. 

Et puis je me suis appuyée sur l’accordage thérapeutique pour aller plus loin : renforcer l’estime de soi, arrêter de fumer, me défendre contre l’arrogance masculine, m’affirmer encore davantage dans mes idéaux de justice, mieux gérer mon hypersensibilité, identifier mes limites et accepter ma personnalité devenue vivante.

Qui est ce médecin-thérapeute ?

Les personnes qui m’ont permis de me soigner ne sont ni psychiatres ni psychologues, elles sont avant tout d’une grande humanité. Spécialisées en médecine interne, elles pratiquent l’approche narrative et la thérapie brève. Moi qui pensais ne jamais m’en sortir, ces rencontres décisives m’ont permis d’activer des ressources cachées en moi tout en me permettant de rester dans ma vie, de conserver mon travail et de maintenir des liens interpersonnels, piliers importants de mon rétablissement.

Si vous êtes intéressé par mon expérience, sachez que j'interviens en tant que patiente experte. 

Août 2024. 15 ans plus tard…

Je prends conscience de l’étendue du fléau. Une flamme éteinte en moi se rallume, telle une conviction profonde. J’entreprends une période de recherches, je regarde l’offre de soins en France, son parcours, j’étudie ce que d’autres pays ont fait en la matière, j’analyse les études scientifiques internationales, j’identifie ce qui fonctionne… 

Je me forme à la thérapie brève et au « Body Project » pour structurer Regard Juste, un projet plus vivant que jamais.

AUJOURD'HUI

Je mesure la chance d’avoir pu mener une carrière professionnelle si enrichissante. 

Forte de solides compétences en management, ressources humaines et pilotage financier, je me sens armée pour relever les défis d’un projet sociétal d’envergure nationale.

Aguerrie à l’univers anglo-saxon, je crée des alliances auprès de pays avant-gardistes pour y puiser inspirations et bonnes pratiques. 

J’ai décidé de mobiliser toutes mes compétences et mon savoir-faire pour cette cause.

MON AMBITION

Mon ambition est de protéger les femmes de ce fléau invisible et, lorsqu’elles en souffrent, de leur proposer des soins accessibles et de qualité.

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